Avec 70 ans de retard, ces rescapés de la Shoah célèbrent leur Bar Mitsva au Kotel

« Dans le jargon des jeunes c’est une ‘Bat-Mitsvoush’, mais nous les vieux n’utilisons pas ce langage. Je n’ai pas de mots pour décrire cet évènement car je suis très émue. Entendre le Rav Lau nous bénir à côté du Kotel Hamaaravi (Mur occidental), voir toute cette organisation en notre honneur! Cela laissera un souvenir indélébile à nous-même, à nos enfants et petits-enfants », a déclaré Haya Caspi, 82 ans.

Haya est arrivée en Israël de Roumanie en 1948 avec son père. Tout le reste de la famille n’a pas survécu à la déportation. « Qui avait envie de faire la fête à cette époque? Tellement de gens étaient mort dans notre ville. En fin de compte j’ai pu être soldate, fonder une famille avec enfants et petits-enfants, c’est un cadeau du Ciel.

Pour la dixième fois, l’association « Yad Ezer La’Haver » a organisé il y a quelques semaines l’évènement quand cette année, pour la première fois les femmes ont également célébré leur Bat Mitsva. En ce qui concerne les hommes, la montée pour la lecture de la Thora a eu lieu au Kotel en compagnie du Rav Lau, le Grand Rabbin ashkénaze d’Israël et du Rav du Kotel, le Rav Rabinovitch ainsi que du député Yair Lapid. Outre la cérémonie, le groupe de 57 personnes a visité la Knesset comme les années précédentes. La fête s’est poursuivie le lendemain dans un salon de réception à Haïfa. « Quand les hommes sont montés à la Torah nous leur avons jeté des bonbons. Ensuite ce fut le tour des femmes avec une bénédiction émouvante de la part du Rav Lau.

Yaacov Valdman, 87 ans, vivait en Pologne l’année de ses 13 ans: « Ce fut une période très très dure. Nous errions afin de trouver nourriture et cachette. A notre retour après la guerre, la ville était détruite, personne n’avait le cœur à fêter un anniversaire. » Yaacov a réagi à la cérémonie: « J’étais le troisième à monter à la Thora, quel bonheur! J’ai aussi récité le Kadish et j’ai béni tout le peuple d’Israël, pour ceux qui n’ont pas encore fêté et ceux qui ne le pourront plus jamais. Ce fut un moment d’intense émotion. »

Shimon Sabbagh a créé la « Maison d’accueil pour les rescapés de la Shoah » en 2007. Il y accueille une centaine de personnes valides mais esseulées. « Cette année la demande a été importante. D’habitude nous fêtons la Bar-Mitsva d’une douzaine de personnes. Les Nazis leur ont volé leur jeunesse, ce genre de journée peu paraître folklorique aux yeux de certains, mais elle est hautement symbolique et prouve l’échec de ceux qui souhaitaient l’éradication des Juifs. Ce sont des personnes fortes qui sont venues aujourd’hui au Kotel et à la Knesset fêter leur vie et fêter Israël. Voir leur joie fut pour moi très émouvant, j’avoue même plus émouvant que ma Bar-Mitsva ou celles de mes enfants. Je pense que la boucle est bouclée. »

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