Aujoud’hui, c’est le jeûne du 17 Tamouz….

« Ainsi parle l’Eternel : le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième mois, le jeûne du septième mois et le jeûne du dixième mois seront pour la Maison d’Israël des jours de joie, de réjouissance et de fête ; et la paix et la vérité, chérissez-les ! » (Zekharia 8, 19). Cette contradiction apparente dans le verset proclamant l’institution des 4 jeûnes du 17 Tamouz, le 9 Av, le Tsom Guédalia, et le 10 Tévèt devrait nous mettre en route vers l’éclairage que l’on peut donner du souvenir de la destruction du Temple et de l’exil d’Israël…


La date du 17 Tamouz, comme 1er moment de l’exil depuis la sortie d’Egypte (comme il est dit : « le quatrième mois »), correspond en effet à la brisure des Tables de l’alliance lors du don de la Torah au Mont Sinaï, c’est-à-dire à cette autre contradiction que le Psalmiste a résumée en ces termes : « J’avais proclamé : « Vous êtes enfants divins, tous fils du Ciel », vous mourrez pourtant comme des hommes, comme des princes vous tomberez » (Psaumes 82, 6). Comme si ces dimensions que sont l’exil et la délivrance, la perfection et la faute, étaient nécessairement imbriquées l’une dans l’autre, au point de devoir former une unité insécable.

« Au moment même où il recevait la Torah, écrit le Maharal de Prague, à cette heure où Israël avait atteint le plus haut niveau qui soit, où il avait franchi les bornes de l’humain, c’est précisément là que s’agrippa à lui une puissance capable de ramener au néant ce qui relève de l’exceptionnel.
C’est au moment précis où les enfants d’Israël reçoivent la Torah, quand ils survolent tout, que la faute s’exprime en acte. Ni avant, ni après » (Nétsa’h Israël, chap.2)…
Une farine déjà moulue

Le 17 Tamouz 3338, après 2 ans et demi de siège, le général Névouzaradan effectue la première brèche dans la muraille de Jérusalem qui croule alors sous les armées babyloniennes. Et le Talmud d’enseigner qu’une voix sortant du Ciel apostropha alors le général : « Tu as tué un peuple déjà mort, tu as mis le feu à un Temple déjà consumé, tu as broyé une farine déjà moulue » (Traité Sanhédrin, p.96/b).

Un texte que l’auteur du « Néfech ha’Haïm », le rav ‘Haïm de Volozine, commente de cette manière : « C’est seulement parce que nos fautes avaient amoindri et affaibli la force et la puissance d’En-Haut – elles avaient rendu impur, si l’on peut s’exprimer ainsi, le Temple de l’Eternel, le Temple supérieur – que Nabuchodonosor et Titus ont eu la force de détruire le Temple terrestre, réplique de celui d’En-Haut (…).
L’ennemi pense avoir touché dans la hauteur, aux cieux supérieurs, mais ces mondes ne sont pas à sa portée. Que tremble le cœur de chaque membre d’Israël, car il englobe dans sa stature toutes les forces et tous les mondes : c’est lui qui constitue la sainteté et le sanctuaire d’En-Haut » (Néfech ha’Haïm 1, 4).
Cette contradiction inextricable qui lie entre eux l’exil et la délivrance, la perfection et la faute exprime sa propre dimension élokit : le fait que l’unité divine ne peut se dévoiler dans le monde sans annuler en même chez les créatures la perception qu’elles en ont. C’est pourquoi, la guéoula trouve son dénouement au cœur de l’âme juive, dans cette transcendance qui habite chacun d’entre nous et que nous devons précisément faire exister à travers nos actions et la construction de notre personnalité.
Car, c’est dans les racines de l’âme que prend naissance le lieu du dévoilement du « Michkan haChem » dans le monde, comme il est dit : « VéAssou liMikdach véChakhanti béTokham – Faites-Moi une résidence et Je résiderai au milieu de vous », littéralement : « en vous » (Chémot 25, 8).
A la conquête du soi

Par Yehuda Ruck

Source Chiourim