Antisémitisme: Melenchon reconnait s’être mal exprimé

Le leader de la France Insoumise a cru bon de comparer l’assimilationnisme défendu par le polémiste avec le conservatisme constitutif selon lui du judaïsme.

Une nouvelle polémique. Invité de BFMTV jeudi matin, Jean-Luc Mélenchon était interrogé sur l’«antisémitisme» supposé d’Éric Zemmour, candidat putatif à l’Élysée. Un procès que le leader de la France Insoumise a récusé, avec un argumentaire qui l’a exposé à de très vives critiques. «Il reproduit beaucoup de scénarios culturels (du judaïsme) : “on ne change rien à la tradition. On ne bouge pas, oh mon dieu la créolisation quelle horreur…” Et tout ça, ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. Ça a ses mérites, ça lui a permis de survivre dans l’histoire…», a cru bon de plaider le député LFI du Sud-Est. Manière pour lui de comparer l’assimilationnisme défendu par le polémiste avec un conservatisme qui serait intrinsèque, voire constitutif du judaïsme.

Quelque vingt-quatre heures après cette sortie, le cosecrétaire de la section EELV du Rhône a exhumé vendredi matin sur Twitter une vidéo de l’extrait en question. Laquelle a immédiatement été reprise par de nombreux responsables politiques. À commencer par le patron des députés LREM, Christophe Castaner. «J’ai longtemps vu en Jean-Luc Mélenchon celui qu’il a été : républicain, défenseur de nos valeurs communes.

Mais avec ces propos aux références les plus abjectes, il a franchi les dernières limites. Rien, jamais, ne justifie de sombrer dans l’antisémitisme», vitupère l’ancien ministre de l’Intérieur. Sentiment partagé par le socialiste Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Ce dernier tance un «propos absurde, ignorant et ambigu». Le tout-venant selon lui d’un Jean-Luc Mélenchon «en recherche d’un effet miroir propice à toutes les surenchères.»

Un «propos absurde, ignorant et ambigu»

Dans les rangs du Rassemblement national, enfin, c’est le député européen Gilbert Collard qui est monté au créneau. Collard estime que «le pire du pire» venait «d’être dit» par l’Insoumis.

Face à ces accusations, Jean-Luc Mélenchon n’a pas tardé à répliquer. Le candidat à l’élection présidentielle a publié un long message sur Facebook. Il y estime qu’«à chaque occasion l’accusation d’antisémitisme revient comme un refrain contre (lui) par les mêmes haineux (…) Sans fondement, sans argument, à tous propos et surtout hors de propos. Jusqu’à la nausée».

«On m’attribue, depuis, que j’aurais situé l’origine des idées d’extrême droite de Zemmour dans le judaïsme. C’est une stupidité !», poursuit-il. Avant de reconnaître qu’il est «mal exprimé puisqu'(il) a donné prise à des interprétations qui sont au contraire de ce qu(‘il) pense.»

Les proches du candidat à la présidentielle sont aussi rapidement montés au créneau pour dénoncer un prétendu «Mélenchon Bashing». «Il y a bien assez d’antisémites à combattre pour ne pas en inventer de nouveaux», s’est agacé Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il «a toujours fermement combattu l’antisémitisme. Regardez de plus près ses combats menés depuis des années. Lisez notre programme. Ainsi, vous verrez notre cohérence dans la lutte contre ce poison qu’est l’antisémitisme», a abondé Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.

SOURCE : Le Figaro

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