Antisémitisme : 68 rabbins s’insurgent contre le parti travailliste britannique

Soixante-huit rabbins britanniques ont signé une lettre ouverte déplorant l’antisémitisme qui règne au sein du parti du Labour. Ils appellent le parti à accepter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance Internationale pour la Mémoire de la Shoah (IRHA).

Cette lettre a rassemblé – fait exceptionnel – des rabbins des mouvements ultra-progressistes jusqu’à ceux de la mouvance ultra-orthodoxe.

Le Comité exécutif du Labour devait se réunir cette semaine pour approuver un nouveau code de conduite du parti. Il contient une définition assouplie de l’antisémitisme par rapport à celle de l’IRHA.

« Les dirigeants du Labour ont choisi d’ignorer ceux qui comprennent le mieux l’antisémitisme, la communauté juive », ont écrit les rabbins, dont la lettre a été publiée dans The Guardian. « En affirmant savoir ce qui est bon pour notre communauté, les dirigeants du Labour ont choisi d’agir de façon isolée et arrogante ».

Le Guardian a indiqué que des conseillés juridiques émanant du Jewish Labour Movement ont mis en garde le Labour  avant la réunion de cette semaine.  Ils affirmaient que la nouvelle définition de l’antisémitisme pouvait violer l’Equality Act de Grande-Bretagne.

Ces conseillés, explique The Guardian, spécifient qu’en rédigeant une nouvelle définition, le Labour ignore le principe de Macpherson, qui veut qu’un incident raciste est un incident qui est perçu comme tel par la victime. Par conséquent, lorsqu’il est question d’antisémitisme, les Juifs sont traités moins favorablement que les autres groupes.

Le Labour fait un geste

Un porte-parole du Labour a déclaré au journal que « c’était totalement faux » et que le code de conduite du parti est en totale conformité avec le principe Macpherson.

Voulant faire taire les récriminations à son égard, le Labour a déjà exclu de son code de conduite au moins quatre points présents dans la définition originale. Notamment le fait d’accuser les Juifs d’afficher « plus de loyauté » envers Israël, d’appliquer une politique « deux poids, deux mesures » concernant Israël, de clamer que l’existence d’Israël est un « projet raciste », et de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis.

L’Equality Act, adopté en 2010, est une loi anti-discrimination. Elle impose un traitement égalitaire entre les employés et les prestataires indépendamment de leur âge, handicap, genre, statut marital, religion, croyance ou orientation sexuelle.

Sous la direction de Jeremy Corbyn, un homme politique de  gauche radicale qui a qualifié le Hezbollah et le Hamas d’ “amis” et qui combat les accusations de sentiments antisémites, le Labour a fait l’objet d’un examen minutieux dans les médias à cause de la rhétorique antisémite de ses membres.

Le double discours du parti travailliste britannique

En 2016, une commission interparlementaire a accusé le Parti travailliste de créer un « espace sûr pour ceux qui ont une attitude vile à l’égard du peuple juif ».

Corbyn a maintenu que le parti travailliste ne tolérerait pas de discours raciste parmi ses membres. Des dizaines de personnes ont été expulsées en raison de déclarations antisémites.

Toutefois, le parti a conservé de nombreux membres en son sein qui, selon les leaders communautaires juifs, se sont illustrés par un discours de haine antisémite. Ces derniers mois, Corbyn a, pour la première fois, fait face à des manifestations sur le problème de l’antisémitisme dans sa formation politique au cours de visites de travail à l’étranger.

Sources: world Israel news  et CFCA

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