5h du mat, j’ai des frissons, Pollard est là, je monte le son

Si on doit se réveiller le matin, alors que ce soit avec de telles nouvelles: à cinq heures du matin, les photos de l’atterrissage de Jonathan Pollard en Israël ont commencé à être publiées. Qu’est-ce qui était si émouvant? Par Sivan Rahav Méir.

Pollard est descendu de l’avion, puis a fait signe au Premier ministre, qui était venu l’accueillir, d’attendre un instant, avec tout le respect qu’il lui devait, et il a tout d’abord embrassé la terre d’Israël. Au-delà de l’histoire de politique intérieure et internationale, au-delà des intérêts de Netanyahou et de Trump, c’est l’histoire d’un Juif rentrant chez lui.

Attendez, rentrer chez lui ? Après tout, c’est un Américain de naissance ! Et bien c’est exactement ça. Elie Wiesel a dit un jour qu’un Juif n’a pas besoin d’être en Terre d’Israël la considérer comme sa maison. Dans la section de la Torah de cette semaine, la paracha « Vayekhi », Rachi écrit à propos de notre mère Rachel, qui attend toujours chacun de ses fils, pour tous les millions de Pollard encore dispersés dans le monde, jusqu’à ce que la promesse soit accomplie: « Et les fils retourneront à leurs frontières. »

Pollard a fait autre chose dans ses premières secondes en Israël, avant d’embrasser le sol: il a ôté son masque. Enfin, après 35 ans d’attente, il arrive ici en pleine pandémie meurtrière. Qui aurait cru qu’il en serait ainsi de son arrivée ici, sans personne d’assez courageux pour l’embrasser. Au lieu de se joindre à des milliers de personnes pour un rassemblement solennel de prière au Mur occidental, il est allé directement s’isoler à la maison. C’est peut-être une bonne chose, en ce qui concerne nos relations avec les Américains.

Pollard ne se plaint pas

Vous pouvez donc aborder la question de savoir pourquoi il a espionné en fait (l’accusation ici n’est pas contre lui, une fois qu’Israël avait signé un accord avec lui – le pays avait une responsabilité envers lui) et vous pouvez parler des dommages causés à la relation avec notre ami proche (probablement plus aucun « Pollard » ne sera recruté). Au bout du compte, un homme qui est devenu un symbole, pour qui on a prié pendant 35 ans (il y a des garçons et des filles, en particulier dans le sionisme religieux, qui ont consacré leurs meilleures années à l’action pour «Jonathan fils de Malca»), un homme qui s’est sacrifié et payé un lourd tribut, qui n’a pas eu d’enfants – est maintenant libre.

Puis vinrent les paroles de Pollard lui-même. «C’est un grand pays», a-t-il déclaré sans se plaindre d’avoir été abandonné, exclu de l’ambassade et oublié. « Nous voulons être des citoyens productifs », a-t-il ajouté, nous rappelant que ce n’est pas la fin de l’histoire Pollard, comme l’ont déclaré certains titres, c’est le début.

Pollard commence maintenant la vie à laquelle il aspirait. « L’Etat a un avenir radieux, c’est l’avenir du peuple juif », a-t-il poursuivi. Nous pensions que les discours politiques importants étaient diffusés à huit heures du soir, parfois même au rythme de deux en même temps, mais il s’avère que le discours le plus important de cette période a été prononcé à cinq heures du matin à l’aéroport Ben Gourion. Un discours simple qui rappelle, en ces temps de divisions et de conflits politiques répugnants, que nous avons quelque chose en commun.

Sivan Rahav Meir est une journaliste de renom au sein de la 12e chaîne de télévision israélienne. Chaque jour, elle offre un petit enseignement de Torah. Il est diffusé un peu partout dans le monde dans une dizaine de langues.

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