300 à 400 morts par an. La tragédie oubliée d’Israël

362 personnes  ont trouvé la mort sur les routes israéliennes durant l’année 2017. Le nombre de victimes décédées stagne ces dernières années, entre 300 et 400 personnes, une innommable catastrophe pour l’Etat Hébreu. Ce 6 février, ce ne sont pas moins de 6 personnes qui succombèrent au beau milieu de la route, une véritable hécatombe!! Par Rony Akrich

Une tragédie annuelle ! Souvent, nous avons l’impression que les gens se « transforment » dès qu’ils sont derrière le volant. Une personne calme et charmante peut soudainement devenir un acharné du klaxon et des déboîtements.

En fait, la situation de la voiture est paradoxale : on se retrouve dans un espace privé, un chez soi… au milieu des autres. Au lieu d’essayer de cohabiter, on va vivre les déplacements des autres voitures comme une intrusion, et on hésitera d’autant moins à l’insulter que l’on se sent protégé dans son cocon de ferraille.

Les publicités ne sont pas étrangères au changement de comportement inhérent à la voiture : outre les classiques valeurs « mâles » que certains spots véhiculent, les publicités vantent la voiture comme outil de liberté : pas question de voir entraver cette liberté (chèrement acquise) par le conducteur d’à côté qui ne vous cède pas la priorité !

L’image a une immense influence sur des esprits piteux et à l’abandon; elle procure des nouvelles sensations qui viennent agrémenter l’ennui d’une génération sacrifiée, sans objectifs, sans goût et sans vraie passion. L’environnement d’une exultation contrefaite est sauvegardée par nos télévisions, le projet constant de la dérision sape par avance  le sens du réfléchi et impose l’autoritarisme du ludique et du divertissement. Quand on est manipulé massivement à respirer dans la liesse des petits plaisirs, on vit dans un rêve entretenu, on voit la vie comme un clip vidéo. On n’a pas les pieds sur terre et on perd le contact avec le réel.

Soyons lucide : les accidents de la route restent l’une des tragédies les plus mortelles du moment.

Levons le voile sur le sérieux de ces informations et invoquons une seule donnée: depuis la création de l’Etat d’Israël, le nombre d’Israéliens tués sur les routes est supérieur à celui des victimes durant toutes les guerres d’Israël. Une majorité de ces conducteurs peut se targuer du titre de « chauffards », en vrai ils ne sont rien de plus que de véritables meurtriers, et ce réquisitoire est mûrement réfléchi.

Le tribut payé par la société à cause de ces infractions est très lourd: chaque année, on dénombre en Israël 20 000 blessés graves dont 5000 restent invalides, et des tués par centaines, parmi lesquels nous comptons beaucoup de piétons et d’enfants.

Est responsable celui qui assume un contrôle de ce qui est sous sa responsabilité dans son environnement matériel, dans son milieu naturel, qui sauvegarde les individus vis-à-vis desquels il répond moralement.

Être responsable, c’est garantir et devoir cautionner ses actes, ce qui veut dire qu’il n’y a de responsabilité que par rapport à un devoir-être. L’éthique, quelle que soit sa forme, reconduit droit au principe de la responsabilité.

On dit que l’on porte la responsabilité, ce n’est assurément pas un poids matériel, mais le poids d’une nécessité, d’un devoir que nous devons accomplir à l’égard de tout ce qui nous fut prêté et que nous devons assumer.

Rony Akrich

Rony Akrich

Rony Akrich 62 ans (les Passions d'un Hebreu) enseigne l'historiosophie biblique, il est l'auteur de 3 ouvrages sur la pensee Hebraique et ecrit nombre de chroniques et aphorismes en hebreu et francais. Il est le fondateur du "Cafe Daat" a Jerusalem (une forme d'universite populaire). Il reside a Kiriat Arba en Judee, pere de 7 enfants et 19 petits enfants

4 pensées sur “300 à 400 morts par an. La tragédie oubliée d’Israël

  • 9 février 2018 à 1:45
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    Le problème en Israel, c’est la formation des futurs conducteurs et conductrices et après le non respect en général du code de la route. Si les israéliens conduisaient en France, comme ils le font ici, la moitié n’auraient plus de permis.
    Il manque en Israel une vraie police de la route, et son cout serait probablement moins élevé, que les 400 vies perdues chaque année. De plus, la création d’une telle police permettrait de faire faire à certains harédims et aux arabes israéliens une sorte de service « civil » au lieu d’un service dans Tsahal, qu’ils refusent d’effectuer. Par ailleurs, il conviendrait comme en Europe de limiter la vitesse des camions et autobus, car il n’est pas normal, que de nombreuses voitures soient dépassées par des véhicules lourds.

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  • 12 février 2018 à 1:39
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    J ai peur chaque fois que l on prend la route . Est ce normal ? Le gouvernement devrait sévir très fortement en mettant une police discrète sur la route et pénaliser très chère mais vraiment chère les indisciplinés et ceux qui doublent à droite.

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    • 13 février 2018 à 4:23
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      Les gens doublent à droite, car beaucoup de véhicules lents roulent à gauche…

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  • 12 février 2018 à 6:32
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    autant de morts qu’en France 10 fois plus peuplée et 70 fois plus vaste

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